Cédrika Provencher: une page Facebook douteuse

Le groupe «Contre la page Jokes sur Cédrika Provencher», avait été créé pour dénoncer le groupe «Jokes sur Cédrika Provencher» qui, depuis, a été retiré de Facebook. Cependant, depuis environ deux mois, certaines personnes continuent de faire circuler de mauvaises blagues sur le groupe «Contre la page Jokes sur Cédrika Provencher», certaines étant tout simplement dégoûtantes.

En guise d'exemple, un forum de discussion y a été créé et porte le titre «Violer Cédrika». Les auteurs y détaillent même des scénarios inventés, décrivant de manière explicite des relations sexuelles qu'ils pourraient avoir avec la fillette. Malgré le signalement de plusieurs personnes, Facebook n'a pas agi pour faire retirer cette page, déplore Ève-Lyne Bournival-Thivierge.

«Nous signalons à Facebook sans cesse depuis deux mois le contenu comme étant abusif, nous signalons aussi les personnes qui produisent ce contenu, mais rien ne se passe. Pourtant, j'ai déjà signalé des pages qui frôlaient la pornographie et ce n'était qu'une question d'heures avant que la page soit supprimée par Facebook. Mais là, on parle carrément de propos pédophiles, et rien ne se passe», s'insurge la jeune Trifluvienne, qui a dénoncé le contenu de cette page au service Info-Crime, hier. «J'espère que la Sûreté du Québec, elle, pourra faire quelque chose», ajoute-t-elle.

 

Dans un message public sur cette page, l'un des auteurs, dont il n'est pas vraiment possible de vérifier l'identité, signale que les plaisanteries visent plutôt l'hypermédiatisation du cas de Cédrika Provencher plutôt que la petite fille elle-même, et qu'il vaudrait mieux prendre cet humour au second degré.

Cependant, chaque personne souhaitant répondre aux mauvais plaisantins se fait insulter par ces derniers.

Famille

La famille de Cédrika Provencher a été mise au courant de l'existence de cette page la semaine dernière. Alors qu'elle préfère ne pas répondre aux plaisantins pour ne pas leur donner d'importance, la famille invite tout de même le public à dénoncer ce genre de propos.

«C'est de blesser des gens pour rien. Pour moi, ce n'est qu'une bande de deux-de-pique qui n'ont rien à faire», lance Henri Provencher, le grand-père de Cédrika.

Ce dernier s'inquiète pourtant de voir que de tels propos peuvent être diffusés sur le net sans aucune forme de représailles. «C'est comme si on encourageait les pédophiles à se trouver un petit coin pour en discuter de manière publique.»

«N'importe qui se crée une identité et dit n'importe quoi sans jamais faire face à des poursuites. À mon avis, il va falloir trouver un moyen de légiférer, parce que c'est rendu grave», mentionne M. Provencher.